François Jarret, Seigneur de Verchères

 

(1632-1700)6 2 carte seign1
François Jarret naquit en 1632 dans la paroisse de Saint-Chef, archevêché de Vienne en Dauphiné, fils de Jean Jarret et de Clauda de Pécoudy. Il arrive à Québec avec le régiment de Carignan-Salières en 1665. François-Xavier est enseigne dans la compagnie de M. Antoine Pécoudy de Contrecoeur, son oncle. Lorsque le régiment de Carignan, après des périodes guerroyantes fut rappelé en France en 1669, l'intendant Jean Talon offrit des terres à ceux qui voulaient demeurer en Canada et s'y établir. Quatre cents officiers et soldats acceptèrent cette offre : les officiers reçurent du roi des concessions de terre en seigneuries.

Monsieur de Verchères s'était marié à l'Île d'Orléans, le 7 septembre 1669 avec Marie Perrot, fille d'un des principaux cultivateurs de l'île. Le couple se mit vite à l'ouvrage sur leur seigneurie de Verchères avec les quelques censitaires qu'il avait déjà recruté. Le manoir qu'ils élevèrent ressemblait sans doute à tous ceux de l'époque. Une palissade de 15 pieds de haut formait un carré d'environ un arpent de côté, qui protégeait la maison du seigneur, les granges, les écuries et le dépôt de munitions. Le côté qui regardait le fleuve avait une porte au milieu ; les trois autres faces étaient protégées par un fossé de 10 pieds de largeur, où l'on avait canalisé les eaux de la rivière Jarret. Ce fort était assez vaste pour loger au besoin la population et les bestiaux. Il était muni d'un canon et de quelques fusils.

François Jarret, était déjà établi à Verchères en 1670, année où il fit la demande d'une seigneurie. Le 28 octobre 1672, le roi lui accordait : "une demye lieue de terre de front sur une lieue de profondeur, à prendre sur le fleuve Saint-Laurent, depuis la concession du Sieur de Grandmaison en descendant vers les terres non concédées jusqu'à celle du Sieur de Vitrez ..."

Monsieur de Verchères avait prouvé son courage et son ardeur à poursuivre le développement de sa seigneurie, et quelques années plus tard il reçut une nouvelle concession, en arrière de la première, ce qui étendait son domaine des rives du Saint-Laurent jusqu'à celles du Richelieu. Toutefois les Iroquois qui remontaient du lac Champlain par le Richelieu pour venir attaquer la colonie, touchaient chaque fois à Verchères. Les habitants, éloignés des places fortes de Chambly, Sorel et Montréal, étaient sans cesse sur le qui-vive. Quant le laboureur s'en allait aux champs, avec ses outils, le mousquet sur l'épaule, il fallait des guetteurs pour jeter l'alarme en cas de danger. En cas de surprise, plusieurs étaient tués ou faits prisonniers.

Malgré la menace continuelle, sur la seigneurie de Verchères il y avait déjà plus de cent arpents en culture et 12 familles établies au moment du recensement officiel de 1681, dont :

  • François Jarret et Marie Perrot et 5 enfants
  • André Jarret et Marie Anthiaume et 2 enfants
  • Toussaint Lucas et Marguerite Charpentier (sans enfants)
  • Mathieu Binet et Anne Leroy et 3 enfants
  • Adrien Ponce (sans femme ni enfants)
  • Jean Plouf et Madeleine Quilleboeuf et 2 enfants
  • Pierre Joffrion et Marie Briot et 6 enfants
  • André Balsac et Françoise Loussy et 5 enfants
  • François Chagnon et Catherine Charron (sans enfants)
  • Jean Charlo et Jeanne Mansion et 5 enfants
  • Pierre Boisseau et Anne Hébert (Foubert) et 5 enfants
  • Pierre Chicoine et Madeleine Chrestien et 5 enfants

En 1690, une attaque fut repoussée par l'intrépide dame de Verchères, Marie Perrot. Assaillie dans le fort en l'absence de son époux, elle se défendit pendant deux jours, avec une bravoure et une présence d'esprit qui aurait fait honneur à un vieux guerrier.

En 1694, M. de Verchères fut nommé lieutenant. Il mourut le 26 février 1700.

La paix s'installe en 1701entre les Français et les Iroquois. Les colons peuvent s'établir plus nombreux et peuvent vivre et cultiver à l'aise. La population de Verchères augmente.

Source : Comité de Toponymie et d'histoire de Verchères